« Les menaces qui guettent la Guinée… » (Dr Koureissy Condé)

Le directeur exécutif de l’ONG African Crisis Group a animé une conférence de presse vendredi à Conakry. Dr Sékou Koureissy Condé, a abordé plusieurs questions qui assaillent l’actualité nationale.
S’appuyant sur les réalités du terrain politique, le directeur d’African Crisis Group, une ONG qui s’implique activement dans la prévention et la résolution des conflits en Afrique, se dit préoccupé par la problématique de l’ethnocentrisme en Guinée.

Selon l’ancien ministre de la Sécurité sous le règne du Feu Général Lansana Conté, « La violence ne nous mènera qu’à la guerre et la guerre mènera à la destruction de notre vie nationale. »

Poursuivant, Dr Sékou Koureissy Condé, appelle les guinéens à éviter la crispation ethnique.
« Les menaces qui guettent la Guinée fondamentalement, c’est l’ethnocentrisme. Je pense que d’ailleurs, c’est la menace principale. L’alignement politique est ethnique, les plus grands partis politiques sont majoritairement ethniques, le repli identitaire est ethnique, les réponses apportées aux questions politiques, aux questions administratives, sont ethniques. Donc, c’est une préoccupation. Il appartient à la jeune génération, et à l’ensemble du personnel politique guinéen d’éviter la crispation ethnique. Et il appartient aux jeunes surtout que c’est une Guinée unie, qui est une Guinée forte et responsable », explique le directeur d’African Crisis Group.
Face à cette situation, l’ancien Médiateur de la République invite la presse à plus de responsabilité dans le traitement et la diffusion de l’information :

J’en appelle à la responsabilité de la presse, la communication responsable, est une communication citoyenne. La presse est un pouvoir réel, et j’ai beaucoup d’admiration pour cette jeune génération de la presse. J’ai été frappé, ému et impressionné par votre réaction de mobilisation suite au décès d’Abdoulaye BAH avec votre capacité de compassion, votre capacité de partage et de générosité. Moi je pense qu’il est de l’intérêt des médias de souder l’unité nationale et d’avoir le sens de la vérité et de l’objectivité. C’est ce que nous, nous voulons enseigner. Vous amenez à dire ce qui est bon, quel que soit vos divergences et vos positions par rapport à ce qui est bon, mais le reconnaitre, vous grandit. Et dire aussi ce qui ne va pas. Ça aussi ça vous grandit quel que soit l’influence de la personne de celui qui pose l’acte qui ne va pas. La presse a une responsabilité en tant qu’institution, en tant que corporation ».

Cette sorite du directeur exécutif d’African Crisis Group intervient à un moment où de nombreux guinéens sont indignés après les propos de l’imam de Tafory, à Kindia, incitant à la haine ethnique et à la communautarisation de la politique.

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