Une réunion sans un ordre du jour bien défini

L’opposition n’a pas l’air satisfaite de la rencontre qu’elle a eue avec le président George Weah, s’il faut en juger par les propos qu’elle a tenus au sortir de la réunion.

L’opposition, au terme de la réunion à huis clos avec le président de la république, s’est dite déçue, dénonçant le fait que la rencontre n’ait eu aucun ordre du jour. Elle accuse également le Chef de l’Etat de ne vouloir que faire adopter son projet de loi sur la double citoyenneté, minimisant ainsi les défis auxquels la nation est confrontée et pour lesquels il a appelé au dialogue.

“Je pensais, nous pensions que le Président aurait fait le bilan de ses six ou sept mois à la tête de l’Etat, parlé des défis qu’il a et en quoi l’opposition pourrait lui apporter son soutien”, a déclaré Darius Dillon, représentant du parti de la liberté.

Le président Weah avait invité l’opposition à une table ronde afin de trouver, ensemble, des solutions aux problèmes auxquels l’État est confronté.

Au début de la rencontre qui a réuni autour d’une même table 26 partis politiques le jeudi 16 août à Monrovia, le président Weah, juste après avoir souhaité la bienvenue aux différents partis, a tenu à ce que les discussions aient lieu à huis clos, demandant poliment à la presse de quitter la salle.

Mais la réunion ne semble pas avoir eu les résultats escomptés par le président Weah, étant donné la divergence des points de vue des dirigeants des partis de l’opposition et du pouvoir quant au fond et à la forme de la rencontre en question.

Selon le Chef de l’Etat, la réunion avait pour but de trouver des moyens de faire avancer le Libéria, en travaillant avec les leaders politiques, la société civile et tous les autres acteurs.
D’ailleurs, Darius Dillon, membre du bureau politique du parti de la liberté, a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il a dû quitter les lieux à mi-parcours, car “rien n’allait changer de toutes les façons”.

“Vous nous invitez et, sans nous dire pourquoi vous nous invitez, vous nous demandez de vous dire quelque chose !”, s’étonne Dillon qui dénonce en outre le fait que des membres du gouvernement se font passer pour des opposants. Il faisait allusion au directeur exécutif de l’Agence de la Protection de l’Environnement, Nathaniel Blama du LINU et au vice-ministre des affaires étrangères Maxwell Kemayan du MOVEE.
M. Dillon a aussi fait savoir que le président Weah plaidait en faveur de l’adoption du projet de loi sur la double citoyenneté afin que des personnes qui sont dans la même situation que son fils Timothy Weah, qui veut jouer pour l’équipe nationale du Liberia, puissent en jouir.

Selon Dillon et Mo Ali du parti de l’unité, chaque parti s’est vu accorder trois minutes pour s’exprimer. Mais le président de la Coalition pour le changement démocratique (CDC au pouvoir), Mulbah Morlu, a déclaré que certains partis n’ont pu s’exprimer que pendant deux minutes parce qu’ils n’avaient rien à dire.

Par ailleurs, L’opposition regrette que, tandis que le président prêche des messages de paix, ses proches, comme la vice-présidente Howard Taylor, Mulbah Morlu, le représentant Acarous Gray et le ministre adjoint de l’information Fahngon, prêchent des messages de haine.

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