Vouloir faire plaisir au président peu importent les conséquences


Le nouveau gouverneur exécutif de la Banque centrale du Libéria a promis de se passer ou de marginaliser les méthodes de la Banque pour répondre aux exigences du président George Manneh Weah, peu importe les répercussions économiques et financières que cela aura sur le bien-être de l’État. Cela signifie qu’ils contourneront les règles pour des questions politiques au détriment des pratiques conventionnelles.

Le gouverneur exécutif, Nathaniel Patray, estime que cela lui donnera l’occasion de travailler avec l’équipe de gestion technique de l’économie pour la mise en œuvre des instructions du président.

Le président George Manneh Weah a instruit l’équipe de gestion économique mise en place début juillet de procéder : (1) à l’injection immédiate de 25 millions de dollars américains dans l’économie pour éponger les liquidités excédentaires du dollar libérien, ce qui aurait été fait ; (2) au renforcement du mandat de la Banque centrale afin de surveiller et réglementer de façon plus efficaces des bureaux de change et des banques commerciales sous sa supervision; (3) à un examen approfondi de la réglementation sur la thésaurisation du dollar libérien et du dollar américain en dehors du système bancaire et prévoir des mesures d’incitation et des garanties pour encourager l’utilisation du système bancaire, y compris les instruments financiers.

Le gouverneur Patray a une fois dit : “… nous exécutons les ordres du président en tant qu’une équipe de gestion économique technique. Ces ordres sont différents du mandat de la Banque centrale qui relève de la loi de la Banque. Nous allons travailler avec la loi sur les banques, mais s’il est nécessaire de la mettre un peu de côté pour que les vœux du président soient accomplis, nous le ferons. “

Nous pensons que cette position du nouveau gouverneur exécutif de la CBL contredit carrément les politiques de la Banque centrale et cela aura de graves conséquences négatives sur notre pays. Certes, nous sommes pleinement conscients que le Gouverneur travaille sous les ordres du Président, mais chercher forcement à le satisfaire, même en faisant usage des moyens peu orthodoxes, pourrait contribuer à la violation du mandat de la Banque centrale.

La loi de 1999 portant création de la Banque centrale du Libéria interdit aux gouverneurs de la Banque d’entretenir des affiliations susceptibles d’entraver leurs fonctions.

L’article 17 (c) de la loi stipule que « les gouverneurs ne peuvent être élus comme membres du conseil d’administration d’une institution commerciale, financière, agricole, industrielle ou autre, ni accepter d’en assurer la direction… »

Dans le cadre de ses fonctions, les gouverneurs exécutifs peuvent conseiller indépendamment le président sur les politiques monétaires et les questions macroéconomiques, sans motivation politique. Mais la façon dont le gouverneur Patray a l’intention de procéder à la Banque Centrale du Liberia pourrait être en porte-à-faux avec le rôle traditionnel d’un gouverneur de la banque centrale.
Depuis la création de la Banque centrale du Libéria en 1999, il est le premier Gouverneur exécutif à avoir déclaré publiquement qu’il fera fi des règles de la banque pour satisfaire le Président, peu importent les conséquences.

Chers compatriotes Libériens, prenez garde ! Les signes ne trompent pas et quelque chose de grave se prépare. Il faut donc nous serrer la ceinture pour affronter des conséquences économiques et monétaires futures, car pour satisfaire les intérêts politiques à court terme, la Banque centrale est prête à faire des choses, même si elles ne sont pas conventionnelles.

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